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mercredi, 25 janvier 2012

1988, les BERURIERS NOIRS

1988
29 janvier

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LYON, Bourse du travail.
Béruriers Noirs

Une soirée complètement délirante avec les Beruriers noirs.
La scène ressemble à un vide grenier, la rythmique d'enfer est assurée par une boîte à rythme.

Ils courent et bondissent dans tous les sens, se déguisent.

Absolument dingue "A veritable french happening".

Eddy était ami avec Marsu le manager.

C'est ce qui explique que nous avons fini tard dans la soirée, sur la scène au milieu du groupe dans une méga-partie de déconnade.

Pas tristes souvenirs !!!!



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Les "BERUS"

Le groupe (composé d'Olaf, de Pierrot et de François) se forme en 1978 sous le nom de « Bérurier », en référence au personnage San-Antonio des romans de l'écrivain Frédéric Dard. Leur style de musique s'inspire de celui de Métal Urbain : une voix, une boîte à rythmes et une guitare électrique saturée.

À leurs débuts, les « Bérurier » changent souvent de nom : il s'appellent successivement « Bérurier rebelle », « Bérurier Véritable », « Bérurier Army », « Bérurier Moine », « Béruriers UTDM », « Bérurier Fighter », « Peste », « Barbelés », « Poli-Mili »…

Les membres du groupe changent aussi. Pierrot, le guitariste, est appelé sous les drapeaux, puis, ayant déserté, se voit contraint de faire un séjour en prison. Pour le remplacer, les Bérurier font alors appel au guitariste du groupe Guernica, Loran, qui rejoint bientôt définitivement le groupe. En décembre 1982, Olaf, parti également au service militaire, en Allemagne, annonce à François qu'il quitte le groupe. François et Loran décident alors de faire un concert d'adieu et de mettre un terme à la carrière des Bérurier. En signe de deuil, ils adoptent un nouveau nom : les « Bérurier Noir ». Le concert d'adieu se déroulera le 19 février 1983 à l'usine de Pali-Kao (une usine squattée du XXe arrondissement de Paris qui accueille la frange la plus alternative des artistes parisiens). C'est lors de ce concert qu'ils se déguisent pour la première fois.

Au lieu d'être un final, ce spectacle les propulse en avant. Après avoir signé avec un petit label (V.I.S.A.), le deuxième concert de Bérurier Noir a lieu dans la salle de La Roquette devant 1000 spectateurs. L'accueil est chaleureux et le groupe va jusqu'à reprendre trois fois Lobotomie pour faire plaisir à son public. Les Bérurier Noir s'illustrent dans un autre concert improvisé devant le Liberty's (une boîte branchée du quartier Latin de Paris). Suite à un désaccord avec le gérant de l'établissement, le groupe décide de jouer devant le club sur le trottoir. En effet, la boîte avait bouché les entrées d'air pour pousser à la consommation. La police arrive sur place mais le public ne les laissera pas s'approcher des Bérurier, qui continueront à jouer leur musique. On raconte qu'ils joueront quelques minutes avec leurs masques à gaz sous les gaz lacrymogènes.

Ensuite, le groupe enchaîne les concerts, légalement, dans des salles ou bien de manière « sauvage » dans des squats, dans la rue, dans le métro parisien etc. Les membres du groupe passent la plus grande partie de leur temps dans des squats parisiens comme celui des Vilins à Belleville, et cette vie rebelle militante, se retrouve dans leur son « brut » incisif et tranchant et leurs textes rebelles, crus, violents, le groupe dénonçant violemment l'injustice et incarnant sur scène par sa puissance artistique une sorte d'effervescence insurrectionnelle froide et contagieuse, qui deviendra par la suite plus festive… Leur réputation grandit très vite en France dans le milieu punk alternatif par le biais du bouche à oreille et des fanzines puis de leurs premiers vinyls, autoproduits par de petits labels punk qui commencent en même temps qu'eux : Visa puis Bondage Records… Ils arpentent fin 1984 les scènes étrangères (Amsterdam, Genève, Irlande) avec d'autres groupes alternatifs français, faisant toujours grande impression sur scène par la puissance froide et contrôlée, faisant œuvre d'exutoire, qui se dégage de leurs sets.

Durant l'année 1985, Bérurier Noir entame une tournée dans toute la France, mais continue avec ses « mauvaises habitudes ». Les Bérurier organisent un concert sauvage sur un bus, le jour d'une manifestation pour les chômeurs. Leur défilé sera stoppé par la police de manière assez violente, puisqu'on en parlera dans la presse de l'époque ("Actuel" notamment).

François et Loran exercent d'autres activités en parallèle "pour manger". François est manutentionnaire au sous-sol du BHV et Loran animateur dans un centre de loisirs pour enfants à Torcy (Seine-et-Marne).

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En 1986, les Bérurier Noir commencent à passer en radio, l' Empereur Tomato-Ketchup fait un carton inattendu sur NRJ et séduit la frange la plus jeune du public. Cette soudaine notoriété apporte un nouveau public au groupe, qui se voit qualifier de "commercial" par une petite partie de son public. De plus en plus de monde se déplace à leurs concerts (47 dates cette année-là), et ils possèdent même leur propre service d'ordre. En 1987, ils continuent leurs concerts, jouent dans divers festivals indépendants, à Rock in Squatt et participent même à un concert organisé par SOS Racisme. Leur carrière a toujours été marquée par des positions radicalement antiracistes. En 1988, ils organisent un concert devant 6800 personnes au Zénith. Les Bérurier sont alors plus nombreux, ils ont entamé peu à peu une transformation festive tout en gardant la tension froide de leurs débuts, empruntant sur scène des éléments au cirque, mêlant à leurs déguisements grotesques habituels des nez de clowns, et sur disque ajoutant des sifflets et des instrumentations orientales aux sirènes de police, mélangeant le punk destroy et l'ambiance « fanfare » sur l'album Abracadaboum. Pour créer cette version « Circus », ils ont été rallié par des membres d'autres groupes. Pour ce concert, ils seront François, Loran, la petite Titi, Helno, Paskal Kung-Fu, Masto, les frères Lulu, Jojo et un magicien ! En matière de rock français, seuls Téléphone et Indochine avaient réussi à remplir la salle avant eux.

Le 20 avril 1988, les Bérurier se voient décerner le Bus d'Acier (un grand prix du rock français) par une presse qui les a quasiment ignorés ainsi que tous les groupes alternatifs de l'époque, qui ont fonctionné sur un idéal artistique et grâce à la scène indépendante, en rupture avec la presse rock et le showbiz rock de l'époque (d'une autre génération). Le groupe réagit de manière assez inattendue, mais fidèle à son éthique en faisant un doigt d'honneur au jury. Loran dira plus tard dans un magazine « La tronche du jury quand on leur a annoncé qu'on n'en voulait pas de leur Bus. Qu'on n'en avait même rien à foutre ! ».

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Mais tout bascula le 17 avril 1988, quand un groupe terroriste nommé « Black War » fait exploser les bureaux du président de la "Chambre régionale des huissiers". La police accuse les milieux libertaires dont certains membres des Bérurier Noir font partie : ils sont accusés par certains médias et la police. Les accusations sont abandonnées le 23 avril, les personnes arrêtées relâchées, mais l'image du groupe est ternie, des organisateurs annulent leurs concerts. C'est une période plus dure pour le groupe, qui doit faire face à des problèmes qui le dépassent. Après une tournée-éclair de 3 concerts en Suisse, le groupe décide de se séparer pour mettre fin à trop de pression accumulée. Toujours dans un esprit festif et décalé, les Bérus décident de s'offrir un hara-kiri en fanfare.

Le groupe s'est donc suicidé en novembre 1989 lors de trois concerts d'adieu qui eurent lieu à l'Olympia (9, 10, 11 novembre) en partie à cause de problèmes avec leur Label « Bondage Productions », de l'enlisement des tournées épuisantes (François travaillait en même temps au sous-sol du BHV) et de leur esprit exigeant d'indépendance, source de tension permanente au sein du groupe dans les derniers temps. Après avoir hurlé "Vivre libre ou mourir" durant 6 ans, les Bérus ont préféré mourir…

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Durant 14 ans, les membres du groupe firent chacun leurs expériences en solo, tous dans des voies différentes, avec plus ou moins de succès. François a formé Molodoï et "François Béru et les Anges Déchus" ; Loran créa Ze6, Tromatism puis A.D. (Division de la horde). Ces 14 années de silence sont jalonnées par la sortie, tous les cinq ans, d'un album posthume, qui relance évidemment à chaque fois des rumeurs de reformation… … jusqu'au 4 décembre 2003, où le groupe fait un concert aux Transmusicales de Rennes. Les médias parlent immédiatement de reformation, le groupe préfère parler de "transformation" ou de "déformation". Ce concert coïncidait avec la sortie du coffret "Même pas mort", retraçant la carrière du groupe, ainsi que le concert d'adieu de l'Olympia de novembre 1989. Ils donnèrent de nombreuses interviews, beaucoup espérèrent un réel retour des Bérus sur le devant de la scène. Après le succès du concert de Rennes et leur envie manifeste de rejouer et de reprendre leur route ensemble, le groupe s'engage pour deux concert énormes : à Québec le 11 juillet 2004 devant 50 000 adeptes du groupe et lors du festival de Dour en Belgique le 18 juillet. Le groupe apparaît aussi par surprise au festival du journal Combat Syndicaliste aux Voutes à Paris, ainsi que dans une petite salle de Lillers lors d'un concert où participaient des groupes du label FZM (Folklore de la Zone Mondiale, dont le logo ornait déjà les albums des Bérus à l'époque), créé par le groupe en 2004. Par ce label, les Bérus diffusent leurs disques, mais relancent surtout toute une "contre-culture en mouvement" en diffusant de nombreux articles tels que fanzines, écrits politiques, comics indépendants, ainsi qu'une multitude de petits groupes indépendants. Le groupe joua aussi au mois d'août 2005 à Brest, lors du festival Astropolis, où une soirée FZM était organisée. Ce concert fut un concert surprise, le groupe étant annoncé sous le nom de "Kamouflage"......

... A suivre sur : http://fr.wikipedia.org/wiki/B%C3%A9rurier_Noir

Album photos : http://berurier.x.noir.free.fr/archives/photos/photos/ind...